27 août 2009
Des socialistes? où ça?
Il y a 1 semaine, le Nouvel Obs, hebdomadaire fétiche de la deuxième gauche, publiait un dossier sur le retour de Marx, le mettant en Une. En soulignant au passage l'effet aguicheur envers de potentiels lecteurs de gauche, l'hebdomadaire s'adonnait en réalité à la destruction de la pensée marxienne ou marxiste, avec l'aide bien évidemment d'un François Furet (traitre parmi...), de Jacques Julliard, ancien mao, etc. En résumé, l'hebdo titre sur le retour de Marx mais pour dire qu'on a tort de revenir à lui car depuis 30 ans, on a pu montrer ses impasses historiques, économiques et philosophiques. Non content de faire du fric en offrant de la pub' au 4x4 de ville ou autres bijoux de la place Vendôme, nos amis de la deuxième gauche sabotent le peu qu'il reste de la pensée contestataire anticapitaliste.

Et cette semaine, Jean Daniel ré-ouvre la poubelle en ressortant les remarques de comptoir de BHL sur la future mort du PS. Les réactions se veulent optimistes, celles de Julliard aussi, reconnaissant que le président piquait des idées à la gauche, qu'elle regorge de talents mais qu'il va falloir aller en chercher "dehors"...
Pour ma part, si la droite, le patronat et le capital prennent des idées ailleurs que chez eux, c'est qu'elles lui vont très bien, qu'elles ne remettent pas en cause leur pouvoir et la mainmise du capital sur la société et l'Etat.
Mais le clou du spectacle, c'est D. Olivennes, patron du journal et ancien liquidateur culturel à la FNAC. Lui aussi réaffirme la deuxième gauche et enfonce des portes ouvertes (par Mitterand en 83): "Vive l'économie de marché [et] la mondialisation". Voilà qui permet magnifiquement de conclure le débat, s'il était là, vu que pour Jean Daniel, quand plusieurs personnes qui posent des textes les uns à la suite des autres, nous sommes face à un débat...
Le Nouvel Obs comme le PS, croit voir des problèmes; en vérité, c'est lui qui n'arrive pas à se mettre dans la tête qu'il n'est plus socialiste...
27 novembre 2008
Un peu plus près des étoiles
Non, ce n'est pas le groupe Gold qui revient avec un nouvel album... Ce n'est pas non plus la NASA qui envisage de lancer un nouveau programme aérospatial... C'est juste la façon de catégoriser les palestiniens en Israël.

A la création d'Israël, des cartes d'identités ont été faites par l'État hébreu, comme dans tout état. Précisons que seuls les Israéliens y ont droit, plus quelques milliers de palestiniens. Les autres demeurent, depuis 1947, comme résidents de l'État d'Israël ou détiennent un passeport de l'Autorité Palestinienne. Dans ceux qui avaient droit à la carte d'identité, il y avait des juifs et non-juifs, ou plutôt des arabes. Car il était stipulé sur la carte d'identité à quelle communauté on appartenait: communauté juive ou communauté arabe.
Depuis quelques années, cette classification ne tient plus lieu d'être et a été supprimée. Ou plutôt remplacée, mais pas pour tout le monde. Les Israéliens juifs n'ont donc plus, sur leur carte d'identité, la mention d'appartenance à une quelconque race, communauté ou autre. On parle de groupes nationaux; il y en a 136... Pour les Israéliens arabes (arabe est un groupe national) ou musulmans, donc palestinien, des étoiles ornent désormais leur carte, avec des degrés, le nombre d'étoile signifiant l'appartenance plus ou moins forte à la communauté arabe.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'État d'Israël fiche, répertorie, classe les individus avec des étoiles!!! Apparemment, cela ne gène personne. Comment peut-on revendiquer une quelconque crédibilité en se prenant pour celui qu'on dénonce depuis 60 ans?? Comment ne pas prendre partie pour les Palestiniens face à ça??
Une phrase résume ce qui se passe aujourd'hui en Israël, à travers l'occupation réalisée: "Qui ne connait pas l'histoire est condamné à la revivre" (Karl Marx).
16 octobre 2008
Les prolétaires n'ont pas de pays!!
Sifflons, sifflons, laaa Marseillaise,
A mort l'hymne francese!!
Mardi 14 octobre, France-Tunisie, match amical de football. Que des français dans les tribunes, beaucoup de français d'origine tunisienne, venus avec des drapeaux et des maillots tunisiens. On s'aperçoit tout de suite que la France joue à l'extérieur et pas à domicile.

Car au moment des hymnes, la Marseillaise est sifflée!! Voilà ce qui constitue l'information principale des 3 principaux journaux télévisés depuis 2 jours. Aux réactions indignées se succèdent la colère nationaliste des gens du gouvernement mais aussi de la gauche conforme. "La Marseillaise est symbole de l'intégration, de la République"; "la siffler c'est insulter la France"!! Ah, l'affaire Dreyfus, Maurice Barrès, l'Algérie française sont de lointains souvenirs pour certains. Pour d'autres, c'est toujours d'actualité.
Prendre plaisir devant ce match, voilà quelque chose qui n'a pas été dit. Des joueurs combattifs, volontaires des deux côtés, des jolis buts, aucun vilain geste sur le terrain, et dans les tribunes, tout un peuple, une masse populaire humilie les lambeaux de la révolution bourgeoise de 1789!! Siffler la marseillaise parce qu'elle représente la France et que la France ne nous a pas acceptés, voilà l'esprit de révolte qui fait du bien. Pourquoi des individus nés en France, ayant grandi en France, se déclarent-t-ils ouvertement antifrançais? On aurait le droit d'assimiler les maghrébins à des bougnoules, à des melons, à des fainéants, à des voleurs, à des profiteurs du chômage ou de la SECU, et eux se devraient de respecter ce pays qui leur crache dessus depuis les premières guerres coloniales de 1830 et surtout depuis le retournement du cycle économique dans les années 1970? Ce serait trop facile...

Et si finalement, le mot patrie, le mot nation, le mot "identité nationale" ne seraient que des mots inventés, que des construits sociaux et pas du tout des réalités? Après tout, qu'a-t-on de différents avec les Allemands, les Turques ou les Vénézuéliens? La couleur de peau, la langue, la culture? Ces différences n'existent-elles pas entre les bretons, les corses et les basques? Pourtant la nation française n'a jamais été revendiquée autant!!
"Les prolétaires n'ont pas de patrie" disait Karl Marx. En tout cas, la preuve en est, ce n'est la France qui est aujourd'hui la patrie qui défend ses prolétaires... A vouloir sans cesse exacerber le nationalisme, des résistances se créent et plus on nie ces résistances plus leur légitimité grandit. Oui aux sifflets sur les hymnes, oui aux quolibets contre le drapeau français, oui à une véritable égalité humaine mondiale.
09 octobre 2008
Le capitalisme n'est pas l'horizon indépassable de notre société!!
Nicolas Baverez, Jean-Marc Sylvestre, Alain Minc,
Jean-Michel Apathie. Vous les connaissez tous !! Vous les avez tous vus au
moins une fois à la télévision sur les plateaux des grandes chaines nationales
comme des petites, vous les avez tous entendus baragouiner au moins une fois à
la radio (certains ont même des chroniques régulières), vous avez tous lus au
moins une de leurs déjections dans des grands journaux comme dans le
papier-toilette distribué tous les matins au sortir du métro… Ces fameux
experts, ces « grands journalistes » livrent tous en ce moment leur
analyse de la crise « économique »
qui frappe aujourd’hui seulement les États-Unis, car
Tout le monde en appelle donc à
l’État aujourd’hui pour intervenir, nationaliser, sauver ce qui peut l’être,
éponger le reste, bref être l’agent de service qui intervient quand ceux qui
salissent ne sont plus là ou ne comptent revenir que le lendemain (comme dans
les bureaux des grandes sociétés). On croirait revenir Keynes et Rawls et
ses rêves de justice sociale. Mais non, il faut seulement que l’État établisse
des garde-fous contre ceux qui trahissent le « rêve capitaliste ».
Seulement, il y a un petit problème devant cette unanimité à dénoncer les traitres à l’idéal de la main invisible.
N’existe-t-il pas d’autres
propositions économiques que le système capitaliste ? Le XXe siècle
n’est-il pas le siècle de l’affrontement sur ce point justement ? Il y a
85% de salariés en France, le reste de la population étant donc propriétaire de
ses moyens de production. Le capitalisme est-il vraiment le système qui permet
à l’homme de passer de l’état de minorité à celui de majorité ? Est-ce
vraiment le mode de fonctionnement qui permet l’émancipation de chaque individu
dans la société ? Le jeu de financiarisation quotidien sur les bourses
permet-il à la classe dominée de vivre mieux, d’améliorer son quotidien ?
Si ces questions se posent, c’est que des réponses ont déjà été apportées. « A
chaque problème sa solution ». Des réponses qui ne datent pas de la
préhistoire ou du Moyen-âge, mais des réponses construites en fonction de
l’évolution même du capitalisme ce dernier siècle. Entend-on Paul Boccara[1] ou
Michael Hardt ? Lit-on Antonio Negri ou Fred Lordon ? Et l’école de
la régulation [2], qui l’a déjà vu
représentée à la télé ? Beaucoup de contre-propositions ont émergé depuis
Marx mais aussi depuis Charles Fourier ou Saint-Simon. L’expérience
autogestionnaire est aussi importante dans tout le courant contestant
l’existence même du capitalisme. Qui la défend ? Pourtant des gens la font
vivre aujourd’hui. Le mouvement lié au coopératisme est loin d’être mort. Il
existe 21000 coopératives qui représentent 7OOOOO emplois dont 1826 sociétés
coopératives ouvrières de production (SCOP). Ce courant économique, lancé par
Fourier et dont s’inspire la philosophie de René Schérer[3] est
donc encore très vif et démontre l’existence d’alternatives au capitalisme et à
la possibilité concrète et réalisée, pour les travailleurs, d’une appropriation
des moyens de production.
[1] Transformations et crise du capitalisme mondialisé. Quelle alternative ?, Le temps des cerises, septembre 2008
[2] École qui puise ses sources chez Althusser (économiste marxiste), dans laquelle on retrouve notamment A. Lipietz, aujourd’hui membre du parti Les Verts.
[3] L’Humanité du 28 septembre 2007, René Schérer « L’utopie est un mode de vivre »
30 septembre 2008
Laissons crever le marché!!
Après tout, le marché est suffisamment grand pour s'autoréguler; on appelle ça le jeu de l'offre et de la demande. Ce sont les meilleurs qui gagnent, les plus nuls qui doivent s'incliner. Ça fait 30 ans que Friedman, Minc ou d'autres cons nous le répètent; dans tous les programmes d'économie de lycée ou d'université, le marché est le seul chef de la viabilité économique d'un pays. Bien sûr, depuis 150 ans, Marx, Bakounine, Jaurès, Keynes, Althusser, Boccara nous disent qu'il faut l'encadrer ou le supprimer; mais comme on dit aux USA, l'État n'a pas à intervenir, de peur d'aller vers le "socialism"...
Ce qu'on attendait depuis longtemps arrive: les marchés, les bourses s'effondrent. Les libéraux et les traders commencent à claquer du fessier. Des milliers de couillons qui travaillaient pour les banques ont déjà été virés aux USA. Décidément, cette année n'est pas une bonne année sur le plan financier. Le système s'écroule mais il n'atteindra probablement pas la France. Comme d'habitude la police des frontières veillera au grain, un comble pour ces batteries de poulets. C'était quand même drôle ce matin: RMC consacrait toute sa matinée à la "crise", avec la publication joyeuse des chiffres officiels: Hong-Kong qui ouvre avec moins 5%, le Dow Jones qui clôt à moins 6%... Il n'y a rien de mieux pour se réveiller que d'entendre le malheur de gens qui passent leur temps à spéculer et qui vivent sur le malheur des autres.













